Le Professeur Ouri Shani, PDG de la Compagnie Nationale des Eaux lance un signal d'alarme: "Si la situation actuelle se poursuit, le niveau du Lac de Tibériade va bientôt atteindre un point de non retour, où dans un premier temps, il ne sera plus conseillé de puiser de l'eau à partir de ce réservoir national, et dans un deuxième temps, il ne sera plus possible techniquement de le faire."
Dov Zasilevsky, son prédécesseur, va encore plus loin, en avertissant "qu'il n'y aura peut-être plus d'eau dans les robinets d'ici peu de temps!" Il a également annoncé des "dégâts considérables dans l'agriculture", et critiqué l'attitude des fonctionnaires du ministère des Finances qui "veulent économiser en refusant d'autoriser la construction de nouvelles usines de retraitement des eaux, alors que les frais dus à leur absence seront encore bien plus importants!"
Réunis aujourd'hui mardi à Beit Sokolov (Tel Aviv), des spécialistes tentent d'ébaucher un plan d'urgence, car selon les prévisions, cette situation de pénurie va se poursuivre encore dans les prochaines années. Ouri Shani confie "qu'il s'agit là de la crise la plus grave que connaît Israël depuis les années 1980".
Jusqu'à présent, la population israélienne s'était familiarisée avec l'expression de "ligne rouge" pour désigner le niveau en-dessous duquel les eaux du Lac de Tibériade ne devaient pas descendre. Dorénavant, les spécialistes parlent également de "ligne noir" qui indique un réel situation de danger de manque d'eau domestique dans le pays. Les vérifications qui ont été effectuées hier lundi établissent le niveau du Lac à 213m en-dessous du niveau de la mer, ce qui représente la limite basse de la ligne rouge, avec des effets très négatifs tels que la baisse de la qualité de l'eau, et des dommages écologiques divers.
Pour Ouri Shani, "il reste à Israël six mois avant d'en arriver à ce point de non retour". Pinh'ass Green, membre du Directorium du Lac de Tibériade, "si l'on ne commence pas à économiser et à prier, la situation va être catastrophique, car même en admettant que les prochains hivers soient plus humides, la situation ne pourra être redressée avant au moins trois ans".
C'est ainsi que la Compagnie de Eaux propose un plan d'urgence qui inclut notamment les mesures suivantes: suppression des exceptions pour l'arrosage des pelouses, augmentation des tarifs de l'eau, arrêt de l'arrosage des parcs publics. Ces mesures seront précédées d'une campagne d'information à destination des ménages. Selon les statistiques, la consommation moyenne journalière en eau par personne est de 160 litres. "Ce chiffre peut-être aisément réduit", indique-t-on. "en lavant sa voiture avec un seau au lieu du tuyau d'arrosage, on économise 60 litres!" Autre proposition: réduire le temps passé sous la douche: chaque minute correspond à 20 litres d'eau écoulés!
Une discipline nationale s'impose donc, et le sens des responsabilité de chacun est interpellé.
Et c'est urgent, car le temps s'écoule vite.