La famille du policier Eliahou Shahar z"l, assassiné il y a 29 ans à Nahariya par le terroriste Samir Kuntar, cherche par tous les moyens à empêcher la libération du meurtrier, responsable également de la mort, le même jour, de Dany Haran et de ses deux filles. Pour ce faire, les proches de la victime vont déposer dans la journée de lundi une requête à la Cour suprême contre la décision du gouvernement, qui envisage de "l'échanger" dans le cadre de la transaction avec le Hezbollah.
Yoram Shahar, qui n'avait que 16 ans au moment des faits, a confié qu'il avait été bouleversé lorsqu'il avait appris que l'assassin devait être libéré. Il a déclaré: "Je me sens bafoué dans mon propre pays, je me considère comme un citoyen dont on méprise l'existence. Quand cessera-t-on enfin cette politique de "retenue". Quand pourrons-nous clamer enfin que nous ne menons pas de négociations".
Yoram a encore rappelé :"29 ans ont passé depuis cette tragédie, et ma famille ne pourra plus jamais vivre comme elle le faisait avant le drame. En outre, il a estimé que si sa mère était décédée huit mois après l'attentat, c'était certainement parce qu'elle avait succombé à la douleur.
L'organisation des victimes du terrorisme Almagor, qui fait partie des plaignants, compte rappeler de son côté aux juges que la décision de libérer Kuntar a été prise de façon hâtive, avec des changements constants et à l'encontre des promesses faites aux familles. Le directeur de cette association, Meir Indor, a souligné que "l'Etat oubliait purement et simplement les familles endeuillées lorsqu'il prenait de telles initiatives". Il a réclamé la tenue d'une nouvelle réunion du gouvernement afin d'annuler la décision actuelle qui selon lui n'est pas sensée, d'accorder le droit de parole aux familles, et de créer une commission qui pourrait fixer les limites à ne pas dépasser dans ce type de négociations.